Article initialement paru en 2005 sur le magazine de l'Homme Moderne,
Comme le temps est passé depuis et que la démo n'a pas donné lieu à un album (nous n'avons plus de nouvelles du groupe non plus) il est temps maintenant de vous faire écouter l'intégralité de celle-ci, qui n'a pas vraiment pris une ride...
Sugusland
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| Entrevue par mail avec Miguelito Lovelace, février 2005 | |||||||
Le Sugus est un bonbon qui nous rappelle une partie de notre enfance, il a plusieurs goûts, est très suave mais aussi très dur. Ces particularités peuvent être adaptées à notre musique. De plus c'est aussi un clin d'oeil un peu kitsch à notre pays d'accueil car nous sommes tous d'origine étrangère (belge, italien, français, brésilien), Sugus étant au départ un produit d'un grande firme agro-alimentaire suisse. On peut donc délirer un long moment dessus. C'est surtout un espace de liberté que nous voulons ouvert à toutes les expériences et dont nous espérons ne pas encore avoir tout découvert. Nous désirons aussi amener le public à venir y faire une petite expédition. Il m'est difficile de décrire la musique que nous faisons car elle n'a pas d'autres objectifs de nous faire plaisir et de nous permettre de sortir nos tripes autrement que dans des activités de la vie sociale quotidienne. Pour ma part j'ai toujours considéré l'implication de la personnalité du musicien plus importante que le style de musique. Celle-ci doit transpirer un vécu, elle est un vecteur de transmission. Même si nous aimons les chansons pop bien ficelées mais il m'a toujours été inimaginable de ne pas faire une musique dure et écorchée. Dans Sugusland, nous mettons un point d'honneur à poser des mélodies, à construire des ambiances douces contrastées par des moments puissants, parfois brutaux de par les cassures opérées dans les structures mais jamais violents gratuitement. Je trouve, en tant que père de famille, que c'est cool de pouvoir montrer ce type de chemin à ses enfants en leur faisant aussi découvrir la face cachée de cette liberté. Le temps que je consacrais au label (à peu près 3 après-midi par semaine plus les week-ends), je l'ai transféré pour remonter un groupe. J'avais un énorme besoin de m'exprimer musicalement, de reprendre la basse, de monter sur scène. Cela fait partie de moi. Le jour où je serais apaisé peut-être que je n'en aurai plus besoin... Bien sûr que non, J'avais beaucoup d'affinités musicales avec Lolo (guitariste /chanteur) qui était bassiste chanteur de Redfish (3 Albums sur Noise Product). Nous avons donc décidé de nous voir quelques heures par semaine pour jouer ensemble, il a recontacté Sandro (le batteur de Redfish) et nous avons fait du bruit comme de vrais ados... Cela nous faisait trop plaisir. Aucun style n'était déterminé, seule l'envie de jouer ensemble nous motivait et surtout aussi les mêmes attentes. Nous avons tous la même culture musicale de base punk-new wave- grunge-emocore-stoner... tout ce que la musique électrique a fait depuis 25 ans, chacun avec des affinités pour un style ou l'autre. L'envie était de se donner la liberté de ne plus nous préoccuper des styles mais avec un but : écrire des chansons (couplet / refrain) décérébrées mais tout à fait ludiques aussi car le Jazz-rock c'est esthétiquement beau mais cela ne vaut pas un pogo. J'adore toujours autant ces concerts d'où l'on sort vidés physiquement. Je fais une grande différence entre la musique pour écouter, la musique qui se vit et celle qui s'analyse. Je préfère la musique qui se vit surtout en live. J'avais envie de faire quelque chose de plus pop que Noise Gate, Lolo avait envie de quelque chose de plus brut... Au bout de quelques mois, nous voyons que la sauce prenait mais qu'il nous manquait une couleur, j'ai contacté Chico (graphiste lui aussi) et puis c'est parti de suite bien qu'il soit plus jeune que nous et ait une culture rock plus "brésilienne". C'est sa première expérience de groupe. Nous avons travaillé ainsi, privilégiant le son de nos amplis repris par de très bons micros. Nous avons enregistré au local de répétition sur un mac en 5-6 jours et mixé chez David Weber (Studio des Forces Motrices) en une journée. Lui aussi est un grand fan de Shellac...
Une
autre est d'avoir sorti des artiste de style clairement opposés.
Trouver le liens entre Noise Gate, Les Jeunes et le Goz of Kermeur
(Jazz-core), Kill The THrill, Vomitose (grind-métal), De Puta Madre
(Hip-Hop), Eastwood, Sinner DC (pop-punk à ses début), Shovel, Dionysos,
Subtone Trio (Electro-jazz) ?
No regrets, on a toujours fait ce que l'on voulait, c'est un choix de vie. On l'a assumé aussi parfois. Une autre satisfaction est de voir un artiste comme Dionysos s'être développé ainsi. | |||||||




